Contribution Cohésion Territoriale Séronais

Projet de Communauté de Communes du Couserans

Assurer la cohésion territoriale du Couserans.

S’étendant sur 1638 km2, le Couserans est un vaste territoire puisqu’il couvre environ le tiers de la surface du département de l’Ariège.  Pour autant, du fait de son caractère montagneux – la majeure partie du territoire est classée en Zone Montagne -, sa densité est particulièrement faible : 18 habitants au km2.

 30 000 âmes vivent sur le périmètre du Couserans, contre près de 75 000 pour la vallée de l’Ariège  ou à parité avec le Pays d’Olmes – Mirepoix, moins étendu.

L’impression n’est cependant pas celle d’un territoire à l’abandon, car la population est en partie concentrée dans les nombreux villages des vallées, conférant au Couserans un aspect relativement animé, sauf dans les hautes vallées où l’éloignement des zones d’activité économiques et d’emplois tend à les priver de forces vives au profit de l’agglomération centre de St-Girons / St-Lizier.

Ce mouvement est compensé par l’arrivée modérée mais régulière de nouveaux habitants, ainsi que le montrent les derniers recensements de la population. (cf. Le Couserans étude INSEE)

A y regarder de plus près, et abstraction faite des limites administratives, le Couserans se compose de trois espaces aux profils différents :

La zone qui compose l’espace montagnard sensu stricto, en gros toute la partie située au sud de l’axe Cadarcet –St-Girons – Lacave. Faiblement habitée, barrée à sa frontière par des hauts sommets dont l’emblématique Mont Valier, elle est parsemée de nombreux petits villages qui ont souvent conservé un aspect des siècles passés (ce qui tend à en faire aujourd’hui un atout dans le périmètre du PNR). Cet espace est animé par des petits centres d’activité que sont les bourgades de Castillon, Massat, Seix – Oust, chefs-lieux où sont situés les équipements de proximité : écoles, collège (Seix), commerces de proximité, bibliothèques, maisons médicales, maisons de retraite, services postaux…
Conserver la vivacité de ces bourgs-centres avec un niveau de services satisfaisant est une des priorités pour le territoire.
L’économie est basée sur l’agriculture de montagne, la production d’hydroélectricité, des entreprises artisanales (bâtiment, agro-alimentaire), et du tourisme autour des activités de pleine nature (randonnée, VTT, parapente…), du ski (Guzet, beaucoup plus modestement Etang de Lhers), et du thermalisme à Aulus.

– Le second espace est articulé autour de l’axe de circulation de la D117, qui traverse le territoire d’est en ouest et qui est devenu aujourd’hui un axe de transit et de flux d’échanges locaux majeur avec plus de 4500 véhicules/jour en moyenne.
Le transit est celui qui relie le pays basque à la vallée du Rhône et à Barcelone par le flanc nord des Pyrénées. Les flux locaux sont ceux qui relient Foix et St-Girons, et à l’ouest, St-Girons et la métropole toulousaine, mais aussi St-Gaudens. La circulation y est aisée sur son tronçon est, en voie d’amélioration sur sa partie est vers Lacave, mais reste pénalisée par la traversée des longs villages de Lorp à Caumont.
Mais dire qu’aujourd’hui le Couserans est un territoire enclavé est en grande partie inexact.
De part et d’autre de cet axe, une zone de piémont ou de contreforts pyrénéens bénéficie d’une agriculture vivante et pour une part relativement prospère (élevage bovin viande, production laitière, ovins) et de forêts exploitables (bois d’œuvre, scieries, bois de chauffage, plaquettes).
Cet espace est également une zone résidentielle pour une population travaillant dans les secteurs d’emplois de l’agglomération Saint-Gironnaise et de Foix, mais aussi de la Haute Garonne. Ces flux quotidiens posent la question des transports pendulaires et il faut signaler ici la mise en place par le Département d’une ligne de bus à un euro.
Les chefs-lieux de cet espace que sont La Bastide de Sérou et Ste-Croix-Volvestre, et potentiellement Prat-Bonrepaux, servent de points d’ancrage avec des services de proximité plus ou moins développés.

Le troisième espace est constitué par la double ville de Saint-Girons / Sainr Lizier, centre névralgique du bassin de vie du Couserans. Sa position centrale à la confluence de 7 vallées, sa situation géographique dans un territoire étendu, (les deux autres zones économiques les plus proches, Foix et St-Gaudens sont respectivement à 40 mn et 1 heure de voiture), font que l’agglomération joue le rôle de centre économique et tertiaire au point qu’en dépit de sa taille réduite – 12500 habitants – elle possède l’aspect d’une ville moyenne, dotée de l’ensemble des commerces et services d’une ville centre d’un bassin d’emploi : entreprises industrielles et agro-alimentaires, grandes surfaces commerciales, plusieurs commerces de matériaux importants, concessionnaires autos, mécanique agricole, mais aussi commerces spécialisés de centre-ville, et même trois librairies de qualité…
C’est également là que subsiste l’une des papeteries qui ont participé jadis à l’essor économique du Couserans. Dans l’entreprise ‘Papeterie de St-Girons’ (ex la Moulasse) du groupe SMI, travaillent encore près de 250 salariés. De nombreuses entreprises artisanales sont installées dans le périmètre de l’agglomération, et le célèbre marché de Saint-Girons draine environ 4 à 6000 personnes chaque samedi.
En matière de services, l’agglomération dispose d’un centre hospitalier, de cabinets médicaux et paramédicaux, de deux lycées techniques et un lycée d’enseignement général. Saint-Girons est également le siège de la sous-préfecture et d’un tribunal de première instance.
C’est également à Saint-Girons que se situe le centre aquatique du Couserans, réalisé par le PETR pour les huit intercommunalités.
Mais la compétence locale ou territoriale de certains de ces services, et donc leur prise en compte dans les compétences de la communauté de communes, n’est pas tranchée. Pour exemples, citons les médiathèques, bibliothèques, l’école de musique (aujourd’hui municipale, mais 75 % des élèves viennent de l’extérieur de Saint-Girons !), certains équipements sportifs ou encore l’organisation et la gestion des activités périscolaires. La question se pose également en matière de culture, puisqu’à l’heure actuelle, la compétence culture relève des communes ou intercommunalités, mais la politique de développement culturelle est menée avec succès par le territoire via l’ADECC, Agence de Développement de l’Economie Culturelle du Couserans.
D’autres services, comme le regroupement des 6 Offices de Tourisme en un OT du Couserans avec des antennes locales, sont en cours. La gestion d’un office de tourisme relève du reste de la compétence des Communautés de Communes et donc de celle du Couserans.
Exception faite des marges du Couserans – bordure de la haute Garonne, Est du Séronais attiré par Foix – l’agglomération Saint-Gironaise s’affirme désormais comme le moteur économique et le pôle de services de l’ensemble du territoire.
Pour autant, cette agglomération connaît des problèmes urbains communs à de nombreuses villes moyennes en zone rurale : vieillissement de la population, désertification du centre-ville, problèmes sociaux, qui ont justifié la mise en œuvre d’une mesure de « Politique de la ville », aidée par l’Etat.
En même temps que la construction de l’intercommunalité du Couserans, une réflexion amenant à « repenser la ville » devrait être menée sur la ville centre qui conserve encore aujourd’hui un fonctionnement hérité du 20eme siècle, basé sur le tout automobile. L’agglomération de Saint-Girons doit maintenant prendre toute la mesure de son rôle de ville chef-lieu d’un bassin de vie de 30 000 habitants.

A partir de cette présentation du territoire du Couserans nous pouvons poser un certain nombre de questions, déjà apparues dans le document précédent :
Pour débattre sur la cohésion territoriale en commissions thématiques et dans les intercommunalités (actuelles) :
– Assurer la cohésion du territoire en dépassant les limites des territoires actuels et la logique du « chacun pour soi ».
– Assurer la cohérence et la complémentarité des différents espaces en renforçant l’activité partout et en évitant de tout concentrer sur la ville centre .
– Maintenir un haut niveau de services à la population sur l’ensemble des vallées ? Et renforcer les bourgs centre de proximité : Castillon, Ste-Croix-Volvestre, Massat, Seix, La bastide de Sérou, Prat.
– Quels services à la population mutualiser à l’échelle de l’intercommunalité ? Comment les répartir sur l’ensemble du territoire ? Organiser la communauté de communes par pôles d’excellence.
– Maintenir l’équilibre social et générationnel du territoire.
– Repenser la ville-centre pour améliorer l’attractivité du Couserans. Et concourir à la création d’un pôle urbain moteur du dynamisme à l’échelle du Couserans.
– Assurer la fluidité et la régularité des flux de mobilité internes au territoire et avec la métropole régionale.
– Faciliter la mobilité des habitants en organisant avec la Région et le Département la régularité des transports. (de la gare routière de St-Girons vers Foix, vers la gare de Boussens, et des différentes vallées vers St-Girons)

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