Contribution Mobilité Séronais

Projet de Communauté de Communes du Couserans

Gestion de la mobilité et des transports.

La gestion de la mobilité et des transports est aujourd’hui une des questions cruciales pour un territoire, tant son organisation – ou sa non-organisation – impacte sur son développement.
Les enjeux sont majeurs : enjeu de cohésion sociale, de qualité de vie, d’attractivité économique et commerciale, d’environnement (qualité urbaine et pollution).

Les milliers d’habitants du Couserans qui se déplacent chaque jour sont les premiers concernés. Mais pas seulement, les flux de transit et les flux touristiques font partie intégrante de cette équation.

Enjeu de cohésion sociale, afin d’éviter la fracture entre les zones d’habitats desservies en commerces et services et celles qui en sont éloignées, quartiers périphériques de l’agglomération-centre, zones d’habitat rural éloignées, secteurs du territoire enclavé… Cohésion sociale encore, lorsque l’enjeu consiste à permettre aux habitants ne possédants pas de véhicule de se déplacer : personnes sans permis, personnes âgées, habitants à faible revenus, jeunes (demandez par exemple à un étudiant d’Aulus ou des Bordes sur Lez d’aller prendre son train pour Toulouse…)

Enjeu de qualité de vie, lorsque se déplacer devient un problème, lorsque le stationnement en ville est un casse-tête, et lorsque la place dévolue aux piétons diminue au profit du stationnement arbitraire.

Enjeu d’attractivité économique :
• Par le dilemme posé de l’accès aux commerces des centres bourgs – et les idées souvent fausses qui y sont attachées -, mais plus largement, il s’agit de l’attractivité du territoire pour les entreprises, en termes de qualité du lieu de travail d’une part, et d’autre part de facilité de transport pour les échanges de marchandises entrantes et produites.
• Par l’importance vitale pour les vallées et les bourgs excentrés de permettre un échange facile et économique entre les lieux de vie et les lieux de travail, quand on sait qu’environ 80 % des emplois du Couserans se situent dans l’agglomération saint-gironnaise.
• Par la protection paysagère des quartiers et villages historiques, zones de fréquentation par les touristes, et donc d’activité touristique.

Enfin, dernier mais non le moindre, l’enjeu de protection de l’environnement. Rappelons-nous que l’axe de la 117 ce sont 4500 véhicules jour, 300 camions qui traversent les villages de la bastide de Sérou, de Castelnau, Rimont, de Lorp, de Caumon, heureusement bientôt plus de Prat. Ou que le marché de Saint-Girons attire entre 3 et 6000 personnes le samedi (cf. Etude Flux Vision – ADT), et combien de voitures qui se pressent au plus près de ce lieu emblématique ? Et nous savons que la masse des véhicules se traduit par autant d’émission de gaz d’échappement, avec des conséquences connues sur la santé, et la dégradation lente des bâtiments anciens.

C’est pourquoi, la question de la mobilité et des transports me semble très importante pour l’avenir d’un territoire comme le Couserans et doit faire partie des réflexions principales pour la future Communauté de Communes du Couserans.

Une politique globale pour plusieurs niveaux d’action.

Les questions posées par la mobilité dans le Couserans sont multiples. Aujourd’hui, les préoccupations majeures des Couseranais portent :
– Sur l’accès des zones excentrées vers le centre du bassin d’emploi et des commerces qu’est l’agglomération de St-Girons St-Lizier,
– Sur la faculté de rejoindre facilement et régulièrement la métropole régionale Toulouse,
– Sur la mobilité interne de la ville centre St-Girons et de l’agglomération.
Du point de vue économique, les questions de l’axe D117 et d’une ouverture vers l’Espagne par la vallée de Salau font toujours débat.

La politique de la mobilité doit faire l’objet d’une réflexion globale. Mais pour plus de clarté, on peut distinguer trois niveaux territoriaux, avec des approches un peu spécifiques.

Mobilité et échanges avec l’extérieur du Couserans.

Le premier niveau concerne le territoire du Couserans dans son ensemble, la mobilité des habitants vers l’extérieur et notamment vers Toulouse, et l’axe de la D117.
Il existe aujourd’hui une ligne Foix Saint-Girons régulière et qui fait partie des lignes à 1 euro mises en place par le Conseil Départemental. Les horaires font apparaître qu’une adaptation pourrait être effectuée pour caler mieux les départs et arrivées de début et fin de journée sur les horaires courants des journées de travail. Mais le service existe, c’est une bonne chose.
Il existe également une ligne régulière entre St-Girons, la gare de Boussens et Toulouse, ligne de la compétence de la Région, puisque faisant partie du réseau TER.
Il y a 9 horaires quotidiens aller de 5h48 à 18h48, et 9 horaires retour, de 6h à 18h06 pour une dernière arrivée à St-girons à 19h43. Les temps de trajets sont de 1h45 à 2h20. Le week-end, le nombre d’horaires baisse.
Cette ligne est sous-utilisée car concurrencée par la voiture, mais aussi parce qu’elle est peu valorisée :
• Il n’y a pas de gare de départ bien identifiée et présentant des éléments de confort susceptibles de faire pencher le choix des voyageurs vers ce mode de transport.
• Il n’est pas sûr qu’il y ait des stations vraiment adaptées sur les étapes du trajet, protégées des intempéries, et couplées avec des possibilités de stationnement facilement accessible et sécurisé.
• Il faudra vérifier que cette ligne soit impérativement calée sur les horaires des trains TER en gare de Boussens. L’organisation d’un transport pendulaire est une nécessité.

L’autre solution pour la mise en place de mobilités plus durables est le covoiturage qui commence à être organisé avec des aires de stationnements.

L’aménagement de la 117 relève – en tout cas pour l’instant – du Département, de même que la création d’un accès vers le sud qui est du ressort de l’Etat, et même de l’Europe dans le cas d’un accès transfrontalier.
Le Couserans peut soutenir le projet d’amélioration de la 117 vers Salies, notamment en ce qui concerne le contournement des villages traversés. Le passage en deux fois deux voies sur tout le trajet est-il pour autant impératif, compte-tenu du coût des travaux et de l’impact sur l’environnement ? La question reste à débattre, au regard des priorités.
Le franchissement des Pyrénées vers le Pallars était une des priorités du précédent projet de territoire.
L’aménagement d’un axe majeur reliant le Couserans à l’Espagne par un tunnel n’est plus d’actualité, pour des raisons de coût, et parce que cet axe traverserait deux parcs naturels de part et d’autre de la frontière. La variante qui resterait possible à terme est l’aménagement d’une route touristique estivale par le Port d’Aula.
Il n’est pas sûr que la priorité des habitants du Couserans en matière de mobilité, ni l’intérêt économique soit encore ceux-là aujourd’hui, même si un apport de fréquentation touristique et donc économique peut être entendu. La priorité est aujourd’hui celle des relations entre les vallées et la zone d’emplois et de services de St-Girons.

La mobilité interne au territoire.

Ceci nous amène au second niveau, celui de la mobilité interne au territoire.
Il s’agît là essentiellement des déplacements quotidiens de la population depuis les bourgs centres des vallées (St-Croix V., Castillon, Seix – Oust, Massat, La Bastide, Prat) vers St-Girons, mais aussi vers des pôles diversifiés : administrations, gare, hôpital, centres commerciaux…
Des transports en bus existent, mais se sont souvent des transports calés sur le scolaire, avec des horaires compliqués, pas toujours réguliers, ou ne fonctionnant pas le week-end.
Pour pallier à ces déficiences, des solutions spontanées se mettent en place, comme le co-voiturage ou l’usage de » Blablacar ».
Mais il serait intéressant d’étudier sérieusement l’organisation d’un service de transport de type navette pendulaire pour couvrir ces trajets avec une fréquence suffisante et régulière ; Il y aurait là certainement un moyen de favoriser un mode de déplacement plus durable que la voiture particulière.
Une étude de la hiérarchisation des réseaux autour de lignes structurantes, secondaires et de rabattement est à mener dans le cadre du SCOT.

La mobilité au sein de l’agglomération.

Même avec la mise en place d’un service de transport régulier, l’usage de la voiture pour rejoindre l’agglomération ne va pas s’arrêter. Les véhicules qui arrivent en ville se pressent au plus près du centre, en particulier les jours de marché, saturant les rues et les trottoirs, dans un désordre sympathique mais peu efficient.
C’est pourquoi la question de la mobilité intra-urbaine dépasse le cadre de la seule agglomération.
La solution serait d’aménager des aires de stationnement péri-urbains, aux différentes entrées de l’agglomération, ce qui suppose un système de navette urbaine pour rejoindre les différents pôles commerciaux et de service.
Ceci sans compter que le soulagement du centre-ville en véhicules permettrait de poursuivre la politique d’aménagement urbain, et de redonner plus d’attractivité à la ville en favorisant sa fréquentation touristique et donc son économie.
Cela permettrait aussi d’améliorer plus facilement la mobilité en ville des personnes à mobilité réduite, qui est une priorité à l’échelle nationale. Ce point, comme l’aménagement du centre-ville ne relève pas de l’intercommunalité. Mais une politique concertée des transports dans un schéma territorial de la mobilité permettrait une vision globale et un plan d’action concerté porteur d’amélioration de la qualité de vie et de développement économique.

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